Entretien avec Chloé TOURNIER, Directrice Artistique du MAIF Social Club

Juin 2020

Après un parcours de 7 années à l’étranger, dans le réseau culturel français, Chloé Tournier a pris ses fonctions, il y a de cela 4 ans, au sein du MAIF Social Club, lieu culturel hybride, ouvert à l’initiative de la MAIF en janvier 2017. Sa mission : piloter l’ouverture du lieu ainsi que la construction de sa ligne éditoriale.


Quels sont les objectifs du MAIF Social Club ?
Le MAIF Social Club affirme avec conviction que ce sont les artistes et les créateurs contemporains qui nous aident à construire les imaginaires structurants du monde de demain. Ils détectent les tendances et les innovations et se font le reflet des enjeux sociétaux actuels et futurs. En ce sens le MAIF Social Club a pour objectif de prendre le pouls de la société actuelle et de celle de demain, d’être à l’écoute du bruit du monde en quelque sorte.
Le MAIF Social Club est aussi un lieu de vie et de prospective sociale, il est entièrement gratuit et s’adresse à toutes et à tous. Nous y développons des propositions culturelles destinées aussi bien aux enfants qu’aux adultes et nous veillons à rendre nos projets accessibles à tous, tout en proposant des sujets dont le contenu puisse intéresser aussi bien les experts que les personnes novices.
Le MAIF Social Club valorise l’apprentissage par l’expérience, plébiscite le « faire » et attache donc une attention particulière à mettre au premier plan le corps et les sens du visiteur qui découvre les lieux. La programmation est entièrement paritaire, centrée sur la création contemporaine et pluridisciplinaire. Elle interroge constamment l’innovation sociale et s’éditorialise autour de thématiques qui durent 5 à 6 mois et donnent le la de nos prises de paroles. « Champs Libres » est ainsi l’exposition qui répond à notre thématique sur l’écologie.
Au-delà de la programmation artistique et culturelle, le MAIF Social Club abrite également un café, une boutique et un espace de coworking.

Comment est né le projet « Champs Libres » ?
« Champs Libres » est l’incarnation de la réflexion du MAIF Social Club sur la thématique de l’écologie. C’est une exposition qui questionne, au travers d’une dizaine d’artistes contemporains, les grands enjeux d’aujourd’hui et de demain sur les questions environnementales.
Comme pour chacune des expos du MAIF Social Club, j’ai cherché une scénographe pour mettre en musique ce projet en lien avec une commissaire d‘exposition. La scénographie est très importante au MAIF Social Club, pour deux raisons principales : offrir une véritable expérience immersive aux différents publics et permettre la lisibilité des différents espaces et activités du MAIF Social Club et marquer le seuil du passage entre le café, l’espace de coworking, la boutique et enfin l’exposition.

Comment s’est déroulée votre rencontre avec Isabelle Daëron ?
Ma rencontre avec Isabelle Daëron s’est faite via une amie commune qui nous a présentées. J’ai tout de suite été admirative de son travail dans lequel transparaît son souci de mettre en cohérence ses idéaux et la pratique. La cohérence est une valeur qui m’est chère, il me semble d’une importance vitale aujourd’hui que ce que l’on prône soit en accord avec ce que l’on propose. Isabelle est très soucieuse de l’impact écologique de son travail, tout en étant particulièrement attachée au rendu esthétique de ses projets.
J’ai été fascinée par la multiplicité de ses compétences : en plus d’être une incroyable scénographe et designer, elle nous a subjuguées avec ses dessins à main levée merveilleux, comme le dessin réalisé pour la moquette installée dans l’exposition « Champs Libres ».

Qu'avez-vous pensé du « sol comme territoire d’expression » ?
Nous n’avions que très peu exploré cette piste en fait. Nous nous étions plutôt concentrées sur la verticalité (construire des murs ou des parois, voire même des cabanes), sur la variété des matériaux, mais jamais sur le sol comme support signalétique et « territoire d’expression ».
Et pourtant, c’est très intuitif, le public s’y retrouve très bien, guidé ainsi par des univers écologiques matérialisés par des dessins au sol sur la moquette TecSOM. Les enfants adorent aussi, et d’ailleurs une petite fille que l’on voulait conduire dans l’univers aquatique, nous a même répondu : « mais moi je ne sais pas nager ! » 

Que souhaitez-vous que l’on retienne de cette exposition ?
Que cette exposition est une clairière fleurie, au sein de laquelle les visiteurs peuvent « faire leur miel », c’est-à-dire se construire une opinion personnelle sur les questions écologiques et environnementales, en prenant le temps de butiner les projets artistiques proposés et de s’allonger au sol sur la moquette pour admirer le ciel bleu au travers de la verrière.

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